L’Allemagne au dessus du lot ? Pas si sûre…

L’agence de notation américaine Egan-Jones a abaissé aujourd’hui d’un cran la note attribuée à la dette de l’Allemagne, avec perspective négative, en raison du fardeau financier que devra assumer le pays en participant aux plans de sauvetage de la zone euro. « L’Allemagne reste l’économie la plus forte de l’Union européenne », note la petite agence de notation, qui accorde désormais à la dette allemande la note AA-, au lieu de AA.

« Toutefois l’Allemagne a supporté le fardeau d’autres pays européens à travers son exposition au Fonds de stabilité financière (FESF), et indirectement via la lourde exposition de la BCE (Banque centrale européenne) aux banques et aux dettes souveraines les plus faibles », ajoute-t-elle. Au chapitre des données négatives pour l’Allemagne, Egan-Jones note « le taux d’endettement par rapport au PIB de 83% en 2010, avec près de 86% attendu pour 2011, et le déficit à 4,6% du PIB ».

« L’Allemagne sera touchée »

Du côté positif, « le chômage n’était qu’à 6,8% (en 2010) mais va probablement augmenter avec la mise en oeuvre de mesures d’austérité dans de nombreux pays européens ». En outre, le pays bénéficie à la fois d’un excédent commercial et d’un excédent de la balance des paiements, ainsi que d’une inflation limitée à 2% en 2010, ajoute l’agence. « Mais nous nous attendons à une accentuation en conséquence de la baisse de l’euro face au dollar ».

Surtout, note Egan-Jones, la croissance de 4% enregistrée au dernier trimestre 2011 est « éclatante comparé à l’Europe moribonde ». Malgré l’abaissement de la note, l’agence note que « les rendements pour les titres de dette allemands vont probablement rester bas, vu que l’Allemagne est parmi les pays les plus solides de l’UE et en raison des efforts de liquidité de la BCE ». « L’Allemagne a bénéficié de la recherche de qualité (des investisseurs en dette souveraine) face à l’inquiétude croissante suscitée par la qualité du crédit de la Grèce, de l’Italie, du Portugal et d’autres », poursuit-elle. En revanche, « si les pays forts de l’UE continuent à soutenir largement les pays faibles, l’Allemagne sera touchée ».

Cette note est publiée alors que le responsable de la notation des pays européens au sein de l’agence Standard and Poor’s, Moritz Krämer, a assuré mercredi que l’Allemagne garderait sa note « AAA », la meilleure possible, même en cas de récession cette année.

Le figaro

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