A partir de la souche H5N1, une équipe de scientifiques a créé un supervirus fortement mortel et contagieux. Ce virus serait capable de contaminer et tuer des millions de personnes. A la vue de sa dangerosité, les scientifiques hésitent à publier les travaux.

C’est en faisant des recherches sur le virus H5N1 (responsable de la grippe aviaire) que le groupe de scientifiques dirigé par Ron Fouchier, virologue au Centre Medical Erasmus aux Pays-Bas, a réussi à créer ce supervirus. Initialement, l’équipe cherchait des solutions pour mieux combattre le virus H5N1 et trouver un vaccin. Mais en effectuant deux mutations sur ce virus et en infectant des furets, une nouvelle souche virale a été créée.

Les scientifiques ont constaté que les furets se contaminaient entre eux alors qu’ils étaient dans des cages différentes. La nouvelle souche créée par mutations, tout aussi mortelle que le H5N1, a donc fortement augmenté son pouvoir de transmission (rappelons que le virus H5N1 tue environ 50% des personnes qu’il infecte mais ne se transmet que rarement d’une personne à une autre).

Suite à cette découverte, l’équipe a quelque peu revu le but initial de ces recherches, et s’est particulièrement penché sur les caractéristiques de ce nouveau virus. Au total, cinq mutations génétiques ont été appliquées au virus H5N1 originel pour arriver, d’après le virologue, au virus le plus dangereux que l’on pouvait créer. Paul Keim, président de National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB), commente d’ailleurs: « je ne connais aucun organisme pathogène qui fasse aussi peur que celui-là. Comparé à lui, l’anthrax ne fait pas du tout peur ».

Dorénavant, les recherches s’axent sur l’analyse de ce nouveau virus et sur les éventuels vaccins que l’on pourrait développer au cas où un tel supervirus apparaisse dans la nature.

Si les chercheurs souhaitent vivement faire publier ces travaux afin de faire avancer les recherches sur les bienfaits médicaux que présenterait ce nouveau vaccin, ce n’est pas le cas de tout le monde.

La communauté scientifique se divise en effet entre ceux qui défendent cette cause et ceux qui craignent qu’en publiant ces travaux, une personne mal intentionnée souhaite s’en servir pour créer une arme biologique de destruction massive. Sans entrer dans ces ampleurs, le risque d’accident n’est pas non plus à exclure: rappelons que le virus H1N1 s’était échappé d’un laboratoire en 1977.

Lorsqu’une menace biologique est soulevée dans de telles recherches, la publication demandée passe entre les mains du National Science Advisory Board for Biosecurity. En effet, seul cet organisme américain a le pouvoir d’autoriser la publication d’une étude qui peut s’avérer menaçante pour la sécurité publique. Le dossier reste donc pour le moment dans l’attente de leur décision.

Techno-Science.net

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