L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a fait au moins 26 morts et 63 blessés. Le parti Baas parle d’«un acte terroriste faisant partie du complot ourdi contre la Syrie»

Un attentat-suicide a fait au moins 26 morts et 63 blessés, en majorité des civils, vendredi matin dans un quartier historique du centre de Damas. «Un kamikaze s’est fait exploser aux alentours de 10h55, dans le quartier de Midane dans la capitale syrienne, un lieu densément peuplé, (…) afin de tuer le plus grand nombre possible de civils», a annoncé l’agence de presse officielle Sana, en citant le ministre de l’Intérieur syrien.

«L’attentat a eu lieu dans un quartier populaire près d’une école», a également précisé la télévision publique syrienne qui a diffusé les premières images de l’explosion. Des images crues diffusées vendredi par la télévision ont montré des restes de corps dans un sac plastique noir, des gravats jonchant le sol, des flaques de sang et plusieurs voitures calcinées aux vitres brisées.

«Un complot ourdi contre la Syrie»
La télévision privée Dounia, proche du pouvoir, a indiqué qu’une équipe d’observateurs arabes s’était rendue sur le lieu de l’explosion. Vendredi, les États-Unis ont condamné l’attaque. «Nous ne pensons pas que la violence (…) soit la bonne réponse aux problèmes en Syrie», a déclaré la porte-parole du département d’Etat. «La bonne réponse passe par la transition démocratique, par un retrait du pouvoir du président syrien», a-t-elle ajouté.

Alors que l’attentat-suicide n’a pas été revendiqué, le commandement général du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, a affirmé vendredi qu’il s’agissait d’«un acte terroriste faisant partie du complot ourdi contre la Syrie». Selon lui, l’attaque coïnciderait «avec des déclarations faites par des symboles de l’opposition syrienne et par des responsables français et américains», selon la télévision syrienne.

Vendredi, les Frères musulmans syriens ont accusé, eux, le régime de Bachar el-Assad d’être derrière l’attentat-suicide commis à Damas. Ils ont demandé l’ouverture d’une enquête internationale et arabe. «Nous faisons porter au régime, à ses services de sécurité et à ses gangs l’entière responsabilité de ce crime et nous les rendons responsables de toute goutte de sang versée sur le sol syrien», a indiqué le porte-parole des Frères musulmans, Zouheir Salem.

Une manifestation pro-démocratie
De son côté, le Hezbollah libanais, allié de la Syrie et de l’Iran, a accusé les États-Unis d’être derrière l’attentat. «Ce crime terroriste visant le coeur de la capitale syrienne est le deuxième versement d’un plan conçu par les forces du mal, les États-Unis, visant à punir la Syrie pour s’être tenue aux côtés de la résistance (le Hezbollah) contre l’ennemi sioniste (Israël)», écrit la formation islamiste chiite dans un communiqué. Selon le Hezbollah, ces attaques viseraient à compenser le «retrait humiliant» des États-Unis d’Irak.

Vendredi, des milliers de Syriens ont manifesté dans plusieurs villes du pays à l’appel des militants pro-démocratie qui réclament l’aide de l’ONU en vue d’un arrêt de la répression. Quatre civils ont été tués par les troupes qui dispersaient ces protestataires à Hama et trois autres ont péri dans la province de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). À Homs , dans le centre du pays, un homme de 36 ans a été tué par les forces de sécurité alors qu’il se trouvait au balcon de sa maison.

Le 23 décembre, 44 personnes avaient également été tuées et 166 blessées dans deux attentats suicide à la voiture piégée à Damas, les autorités syriennes les imputant à al-Qaida, alors que l’opposition accusait le régime.

Le figaro.fr

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