Certains immigrants africains qui arrivent en Egypte en quête d’une vie meilleure ont payé cher leur présence dans le pays.

Ils sont des cibles privilégiées de réseaux criminels qui pratiquent le trafic d’organes, rapporte The Wall Street Journal.

L’ONG Coalition for Organ-Failure Solutions (COFS) qui lutte pour le respect des droits de l’homme a publié le 12 décembre un rapport baptisé «Les victimes soudanaises du trafic d’organes en Egypte» dans lequel il met en lumière un marché souterrain qui se développe au détriment des immigrés africains.

Le COFS a identifié 57 Soudanais demandeurs d’asile qui se disent victimes du trafic d’organes. Les criminels ont retiré à tous ces individus un rein. Le docteur Debra A. Budiani-Saberi, directrice générale du COFS et chercheuse associé au Centre pour la bioéthique de l’université de Pennsylvanie, a déclaré qu’à l’exception d’une personne, qui a volontairement donné un rein, tous ces Soudanais ont été victimes d’un «vol».

Iman, 41 ans, est l’une de ces réfugiés. Cette dernière affirme que son rein lui a été volé alors qu’elle subissait une césarienne à l’hôpital du Caire.

«Je n’avais pas d’argent et je n’avais pas de carte des Nations Unies pour obtenir une opération», a-t-elle déclaré au Wall Street Journal.

Selon le COFS, les Soudanais ne sont pas les seules victimes. Cela concerne également des Erythréens, des Ethiopiens, des Somaliens, des Irakiens et des Syriens et des Jordaniens. Ainsi plusieurs milliers d’individus seraient victimes du trafic d’organes.

«A la lumière des preuves avancées par le COFS, nous appelons les Nations Unies à autoriser immédiatement des enquêtes sur ces abus, ou à soutenir une enquête crédible conduite par l’Egypte», a déclaré le docteur Debra A. Budiani-Saberi.

En Egypte, la loi interdit le trafic d’organes. En février 2010, le Parlement a fait passer une loi pour réguler les transplantations dans le but de mettre fin au commerce illégal de donneurs d’organes où les pauvres sont les premières victimes. Pour gagner de l’argent, nombre d’entre eux vendent un organe.

Slate Afrique

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