L’ultimatum des agences de notation s’achève le 18 janvier. Une décision pourrait avoir lieu avant.

18 octobre 2011. Les Français découvraient la notion de "AAA", note attribuée à notre dette souveraine et que le gouvernement érigeait en "patrimoine national" qu’il fallait défendre à tout prix.

L’agence de notation Standard & Poor’s, à l’origine de cette polémique, annonçait alors qu’elle s’accordait trois mois pour réétudier la note souveraine française. Or l’échéance approche et le verdict se précise de plus en plus : la perte de notre note AAA est imminente.

La note de la France déjà dégradée dans les faits

De son côté, une autre agence de notation, Moody’s, doit dégrader la note française le 18 janvier prochain. A moins qu’elle n’agisse avant, puisque la majorité des acteurs du monde financier agit comme si la France avait déjà perdu son AAA, qui permet d’emprunter au meilleur taux.

En effet, les responsables de Standard & Poor’s ne disaient rien de moins la semaine dernière dans Le Parisien, indiquant que "malgré son triple A, les investisseurs traitent aujourd’hui la France comme si elle était notée triple B". La dégradation de la note française est d’autant plus imminente que les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent : le chômage ne cesse progresser et la croissance est atone.

Mieux faut être dégradé plus tôt ?

Les agences de notation n’ont donc aucune raison de donner un nouveau sursis à la France et la course à laquelle elles se livrent pourraient même être un moindre mal.

Sauf que Moody’s prévoit de ne dégrader la note française que d’un cran, contre deux pour Standard & Poor’s. La France a donc intérêt à ce que Moody’s rende publique sa décision en premier pour limiter la casse.

Cette dégradation ne changerait rien aux conditions auxquelles la France emprunte des fonds sur les marchés, qui classent déjà la France un cran en-dessous du AAA. Par contre, si Standard & Poor’s s’exprime en premier, son verdict s’imposera et la France se rapprocherait dangereusement de l’Espagne ou de l’Italie.

Merkel et Sarkozy en parlent lundi

Officiellement, le AAA français n’est plus un motif de préoccupation à l’Elysée. Nicolas Sarkozy devrait néanmoins en parler lors de sa rencontre avec Angela Merkel, lundi à Berlin.

Et certains estiment même que les projets de TVA sociale ou de "taxe Tobin à la française" sont des gages donnés aux marchés. Des projets qui ne changeraient pas la donne mais ralentiraient un peu le calendrier.

Europe 1

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